Cette nuit, la p'tite maison Wena a été envahie par les fourmis. Au départ, c'était plutôt une bonne chose : Indy venait d'aller se coucher et moi, de mon côté, armée jusqu'aux dents, j'étais embusquée derrière un pied de table, prête à bondir sur les trois premières sentinelles myrmicéennes qui faisaient le guet sur le sol carrelé de la cuisine.
Me délectant à l'avance, j'attendis patiemment qu'une quatrième cuirassée miniature vienne rejoindre les trois autres et : "paf ! Paf ! Paf ! Paf !" je les aplatis en burger sous mes coussinets ; pas trop fort, juste à point, pour en faire profiter mon estomac et non le sol de la cuisine.
Trop occupée à me pourlécher et à me délecter les yeux fermés de cette délicieuse friandise, je ne remarquai pas le déploiement progressif de mini soldats hexapodes envoyés en renfort sur tout le périmètre.
Quand j'ouvris les yeux, il était déjà trop tard : mon espace restauration avait été envahi et je regardais médusée les effectifs en première ligne déménager les croquettes de mon bol vers ... je ne saurais dire, mais je comptais bien le découvrir !
Bouillonnant de l'intérieur, je suivis des yeux deux de mes croquettes qui semblaient avancer toutes seules. Je salivais rien qu'en imaginant le savoureux mélange croustillant et juteux de ces croquettes-fourmis et alors que j'étais à deux coussinets d'y goutter sans plus tarder, celles-ci disparurent sous la cuisinière.
Je n'y tins plus et d'un coup patte énergique, je fis tomber le rabat métallique de son tiroir de rangement et découvris avec horreur une colonie de plusieurs centaines d'individus fortement bien implantée et visiblement, organisée pour durer.
La loi du nombre faisant foi, j'abandonnai les lieux et rejoignis Indy sur le lit avec pour seule consolation : la perspective d'un bol de croquettes bien fraîches servies au petit matin après éradication de cette garnison clandestine par mon fan préféré.